Sorti en 1995, le Virtual Boy fêtait ses 30 ans l’an passé. Un anniversaire symbolique qui n’a pas échappé à Big N. Malgré les même pas 800 000 exemplaires écoulés de cette console singulière, soit le plus gros flop du constructeur, ce dernier a souhaité lui offrir une seconde jeunesse en le transformant en accessoire pour les consoles Nintendo Switch et Switch 2. Compatible avec le nouveau catalogue rétro du Nintendo Switch Online + Pack Additionnel, il offre une plongée dans le passé vraiment atypique, toute teintée de rouge grâce à son filtre iconique.

Mais est-ce une plongée réellement convaincante ? Et surtout, l’investissement en vaut-il la chandelle ? S’il existe un modèle de Virtual Boy en carton à 19,99 €, nous avons pu tester le casque complet en plastique avec un support métallique, proposé à 79,99 €. Un prix à l’entrée qui, couplé à l’abonnement en ligne, risque d’en freiner plus d’un. On vous donne donc notre avis en test.

Nintendo soigne le retour de son Virtual Boy sur Nintendo Switch 2

Bien emballé dans sa boîte, le Virtual Boy est un objet imposant au premier abord. Pour donner une idée, il aurait bien la taille d'une bonne brique, mais plus léger évidemment, puisque fabriqué en plastique. On compte environ 25 cm de large et 17 cm de profondeur, visière en mousse incluse. En termes de hauteur, le casque en lui-même mesure moins de 10 cm. Mais contrairement aux modèles de chez Sony et Meta par exemple, il ne se porte pas sur la tête. Celui-là s’utilise en étant fixé sur un support en métal, renforcé avec du plastique, qui fait 25 cm de haut. Ainsi, une fois posé sur une surface plane, nous avons un bel appareil de 35 cm de haut devant nous.

Nintendo a soigné la confection de son accessoire. Fidèle au modèle de 1995, ce Virtual Boy nouvelle génération présente cependant deux différences de taille, l’une expliquant l’autre d’ailleurs. Les connaisseurs remarqueront très vite qu’il n’est accompagné d’aucune manette. Et pour cause, il s’utilise avec les Joy-Con. Ou, plus exactement, on joue directement sur sa console Nintendo Switch 2. Car l’autre différence fondamentale de ce modèle est qu’il a été conçu pour accueillir la machine. Il suffit d’ouvrir le casque grâce aux embouts en caoutchouc fixés de chaque côté pour la glisser à l’intérieur sans ses manettes. Un adaptateur est également proposé pour première Nintendo Switch. En revanche, les possesseurs de Switch Lite devront passer leur chemin, le casque n’étant pas compatible. Une fois l’ensemble en place, il n’y a plus qu’à le fixer en un clin d’œil sur le pied métallique, assorti d’embouts en caoutchouc antidérapants.

C’est une évidence, mais c’est toujours bon de le rappeler : le Virtual Boy se veut une expérience solitaire uniquement. Puisqu’il n’a pas d’autre vocation que d’être un genre de réceptacle pour la Nintendo Switch, il ne peut pas être relié à un téléviseur. Impossible alors d’avoir un public extérieur. En soi, c’est loin d’être un véritable problème. Le plus dérangeant sur cette spécificité serait plutôt la contrainte d’employer des accessoires sans fil. Si on préfère une manette aux Joy-Con, elle ne peut pas être filaire. Ce qui vaut aussi pour tout écouteur ou casque audio, l’absence d’une prise Jack accessible imposant le Bluetooth. Cela dit, ces détails tiennent surtout du confort et n’empêche en rien de profiter pleinement de l’expérience offerte par le casque. 

La 3D stéréoscopique au prix d’un torticolis

Maintenant que le Virtual Boy est en place, il est temps de lancer la machine. Joy-Con en main, on vient plonger notre regard dans ces lunettes teintées de rouge. La position n’est pas optimale, le cou en avant, les bras posés devant soi. Ce n’est pas évident de trouver la bonne hauteur pour se sentir à peu près à l’aise. On comprend bien que Nintendo a voulu proposer un modèle aussi fidèle que possible à celui d’origine, mais le constructeur n’aurait-il pas pu permettre de régler la hauteur du casque ? On peut bien en orienter légèrement l’inclinaison, mais pas plus.

L’appareil a beau être un bel objet, on ne peut pas dire que ce soit un exemple d’ergonomie. Déjà que la 3D, qui imite ici sensiblement l’effet de profondeur qu’on retrouvait sur la Nintendo 3DS, avoir une bonne position est primordial. Certes, le système n’est pas pensé pour des sessions de jeu qui dépasseraient les 15 à 30 minutes. Pourtant, même en si un court laps de temps on peut ressentir des douleurs dans les épaules ou la nuque.

Photo du casque Virtual Boy pour la Nintendo Switch 2.
© AUR pour Gameblog.

De plus, si le Virtual Boy s’installe très facilement, la navigation dans le catalogue du Nintendo Switch Online est toujours aussi peu agréable. L’affichage en mosaïque du service nous saute ici aux yeux en grand format. La lisibilité parmi les titres disponibles est moins lisible qu’en temps normal. On peut néanmoins se rassurer sur ce point en se disant que nous n’aurons pas beaucoup plus d’une vingtaine de jeux à disposition une fois que Big N les aura tous ajoutés à son service.

Des jeux Virtual Boy peut-être cultes, mais dispensables

Le 17 février dernier, l’éditeur japonais créait ainsi l’événement dans le Nintendo Switch Online en lançant le catalogue dédié au Virtual Boy. Pour commencer, il propose une sélection de 7 titres sur les 24 qu’on devrait avoir au total (les 22 d’origine et 2 supplémentaires jamais sortis). Cet échantillon donne déjà un bon aperçu de la promesse de ce casque VR.

Si le Virtual Boy a été un four en 1995, outre l’aspect financier et gadget de l’appareil, c’est aussi en raison de son catalogue peu intéressant, à de rares exceptions. Disons que 80 € pour jouer à Galactic Pinball, un jeu de flipper bien moins passionnant que le Pinball Space Cadet embarqué jadis sur Windows 95, ça ne fait pas rêver. De même, le jeu de Golf a beau être une simulation étonnamment poussée, il manque cruellement de lisibilité et, surtout, ne s’adressera qu’à un public de niche, d’autant plus en l’absence de tutoriel. Pas sûr non plus que 3-D Tetris trouve beaucoup d’adeptes. Même si cette revisite en trois dimensions du jeu culte propose une approche originale, elle devient vite redondante et ne procure pas la même frénésie qu’un Tetris classique, d'autant plus quand Tetris 99 existe sur Nintendo Switch.

Virtual Boy Wario Land sur Nintendo Switch 2.
© AUR pour Gameblog.

Pourtant, le Virtual Boy possède bien quelques bonnes surprises. On appréciera l’immersion des combats de boxe de Teleroboxer. De même, le jeu d’aventure The Mansion of Innsmouth vaut le coup d’œil, ne serait-ce que pour son univers lovecraftien auquel le filtre rouge du casque sied à merveille. Mais les deux titres qui se démarquent du catalogue pour l’instant, ce sont Red Alarm et Wario Land.

Le premier est un shooter spatial très inspiré de Star Fox. Bien que les commandes soient un peu chaotiques, le gamepla arcade et les graphismes en font un bon titre rétro. Quant au second, c’est une véritable pépite. On y retrouve les mécaniques des jeux de plateforme Wario Land habituels. On jongle notamment entre les bonus qui donnent des pouvoirs à notre héros ventripotent. Toutefois, le titre tire son épingle du jeu par son level design et un tas d’idées qui exploitent ingénieusement l’effet de profondeur offert par la 3D stéréoscopique. En plus, c’est le jeu qui offre la durée de vie la plus longue des 7 titres dispos. Il faut compter une bonne heure au total contre 20 à 40 minutes pour les autres. Si vous devez faire l’acquisition du Virtual Boy, ce serait vraiment pour lui.